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Logiciels et outils numériques : osez le libre !

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Nombreux sont les internautes qui les utilisent quotidiennement, sans pour autant savoir ce qu’ils sont. Alternative fiable et transparente aux logiciels dits « propriétaires », les logiciels libres apportent plusieurs avantages et garanties à leurs utilisateurs, qu’ils soient capables de coder ou non. Pourtant, le grand public connaît assez peu l’intérêt que représentent ces outils pour lui. Liberté d’utilisation, amélioration continue, compatibilité garantie, non dépendance à une même marque… le « Libre » met la communauté des utilisateurs au cœur de la solution.

Logiciels libres et logiciels propriétaires

La plupart des logiciels vendus dans le commerce sont des logiciels dits « propriétaires », c’est-à-dire qu’ils sont prêts à l’emploi ; l’utilisateur ne fait que les exécuter. Les griefs reprochés à ce type de logiciels tiennent à la logique de leur usage : le code source est caché, ce qui interdit le partage de copies et, le plus souvent, l’utilisateur ne sait pas ce qu’il advient de ses données numériques. Tout comme le logiciel lui-même, les mises à jour demandées s’avèrent souvent payantes, ce qui peut contraindre l’internaute dans une forme de dépendance vis-à-vis d’un écosystème d’outils qui fonctionnent ensemble.

Le logiciel libre, quant à lui, est un outil qui respecte, comme son nom l’indique, la liberté des utilisateurs. Chaque utilisateur est libre, selon son degré de connaissance en programmation informatique, d’exécuter, copier, modifier, améliorer et redistribuer le programme à l’ensemble de la communauté. La définition ne fait donc pas référence au prix même si ces outils sont, la plupart du temps, gratuits. Selon Richard Stallman, programmeur, militant et initiateur du mouvement du logiciel libre, pour qu’un dispositif soit « libre », il doit répondre à quatre libertés fondamentales :

- l’utilisateur doit pouvoir exécuter le programme pour n’importe quel usage et comme il le souhaite ;

- l’utilisateur peut analyser, étudier le fonctionnement du programme et doit pouvoir l’adapter à ses besoins ;

- l’utilisateur est en droit de redistribuer des copies du programme ;

- l’utilisateur est libre d’améliorer le programme et de le redistribuer à la communauté avec ses modifications.

Pour répondre à ces quatre libertés fondamentales, il faut impérativement que l’utilisateur ait accès au code source du programme. Dans cette liberté, le plus important c’est ce que veut faire l’utilisateur et non le développeur.

Quel intérêt pour le grand public d’utiliser un outil libre ?

En utilisant un logiciel libre, l’usager défend un mode de production bâti sur les connaissances et le savoir-faire d’autres utilisateurs, et non sur ceux du propriétaire du code. Il défend donc son propre intérêt et celui des autres utilisateurs. Par ailleurs, il bénéficie en retour des améliorations apportées par toute la communauté et de sa vigilance contre une dérive possible de l’outil (utilisation des données privées, restrictions des libertés de l’utilisateur…). De plus, sans aucune connaissance en codage, l’usager peut tout de même contribuer aux améliorations en alertant la communauté sur des problèmes éventuels rencontrés lors de l’utilisation du programme. Soumis à l’étude et à la critique de chaque utilisateur, l’outil libre permet de sensibiliser et faire participer les internautes en offrant une liberté d’action et une transparence totale.

De nombreux outils libres sont quotidiennement utilisés par tout un chacun, sans pour autant qu’il en connaisse les propriétés et les avantages. Lecteur multimédia, navigateur internet, logiciel de retouche, bureautique, base de données, création de sites internet, système d’exploitation…, les outils libres ont investi tous les domaines de l’informatique. Mozilla Firefox, Chromium, OpenOffice, Wikipédia, Wordpress, PDFCreator, Lubuntu ou encore le lecteur multimédia VLC font partie des plus connus.

Une communauté du « Libre »

Plus que de simples logiciels, les outils libres reposent sur une véritable communauté s’inscrivant dans le mouvement actuel de l’économie collaborative et rendant l’outil numérique accessible à tous. Cette communauté défend des pratiques solidaires en donnant de son temps pour agir comme un tiers de confiance entre le programme et l’usager : elle le crée, le met à disposition, l’améliore sans cesse et détecte les potentiels problèmes de sécurité. Elle se regroupe parfois en association, à  l’instar d’April ou de l’AFUL.

L’utilisation d’outils libres s’inscrit donc dans un mouvement plus large attaché aux notions de transparence, de développement des biens communs et d’appropriation du numérique par tous. Les administrations publiques se tournent d’ailleurs elles-aussi vers ces outils, gage de leur efficacité. Quant aux lieux de médiation numérique, et notamment les Espaces Publics Numériques (EPN), ils réalisent une veille permanente pour orienter le grand public sur les outils libres et parfois les y former. Dans un même objectif, des journées de sensibilisation aux logiciels libres et particulièrement au système d’exploitation Ubuntu sont organisées un peu partout en France. C’est le cas notamment à Paris où la prochaine « Ubuntu Party » se tiendra les 12 et 13 novembre 2016 à la Cité des Sciences et de l’Industrie.

Pour aller plus loin : 

« Pourquoi le logiciel libre est plus important que jamais », par Richard Stallman

Association April : promouvoir et défendre le logiciel libre

Offrir une cure de jouvence à son ordinateur avec le système d’exploitation Lubuntu

- Publié le : 05 août 2016 - Partager cet article : Logo Facebook Logo Twitter