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Les MOOCs, formation en ligne, pour tous ?

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illustration de l'actualité : Homme consultant un MOOC

Plus de 5 millions d’élèves. C’est l’annonce faite par eDx en mars 2016 concernant le nombre de ses utilisateurs. Cette plateforme américaine d’enseignement en ligne revendique ainsi la seconde place mondiale des plateformes numériques de formation à distance, par le biais des MOOCs. Une tendance nouvelle qui, en France aussi, fait des émules. Mouvement de fond ou mode passagère ? Un risque pour l’enseignement à l’heure du numérique ? Enfin, quelles en sont les principales plateformes ?

Mais qu'est-ce qu'un MOOC ?  

Les MOOCs, ou Massive Open Online Courses, sont des cours en ligne, libres et ouverts à tous. Cette forme d’enseignement est apparu en 2012, sous l’impulsion de trois grandes universités américaines : Stanford, Harvard et le MIT (le Massachusetts Institute of Technology). Ces cours, dispensés par des professeurs issus de grandes universités ou d’établissements plus modestes, sont mis à disposition sur le web, souvent gratuitement. S’étalant généralement sur plusieurs semaines, ils ont l’avantage d’être accessibles en tous lieux et à toutes heures. L’étudiant est donc libre de s’organiser pour suivre son apprentissage. Diffusés sous forme de vidéos, accompagnés de textes explicatifs et de schémas, les MOOCs permettent l’accès à des outils interactifs, grâce auxquels les utilisateurs peuvent créer une communauté de soutien.

Du vertical à l’horizontal

Ainsi, si les enseignements sont transmis virtuellement, les élèves ne sont pas pour autant laissés à eux-mêmes. Chaque membre peut devenir un élément actif dans le processus d’acquisition des connaissances des élèves en posant des questions et en répondant à la communauté. L’apprentissage quitte donc sa dimension pyramidale pour entrer dans une logique d’horizontalité. Grâce aux échanges entre les apprenants et au soutien de l’équipe pédagogique, on constate une évolution dans la transmission des savoirs et une dimension nettement plus collaborative. Une horizontalité qui modifie les rapports entre enseignants et apprenants, questionnant le rôle des institutions universitaires.

Un complément aux enseignements traditionnels

Si les MOOCs peuvent sembler être des concurrents aux structures éducatives actuelles, il faut rappeler qu’ils ne visent pas à remplacer ces dernières, mais bien à venir les compléter. Ainsi, les MOOCs repoussent les limites de l’enseignement : salariés, étudiants chômeurs ou encore retraités, tous peuvent participer. L’admission est directe et surtout sans sélection. De surcroît, l’absence de frais d’inscription permet un accès aux cours même pour plus modestes. Mais cette ouverture implique aussi des limites. Si le nombre d’inscrits est important, le nombre effectif de participants qui parviennent jusqu’à la certification n’est que de 10%. Il n’y a pas 90% d’absents pour autant. En effet, comme le rappelle Matthieu Cisel, doctorant à l’ENS Cachan et spécialiste des MOOCs, il convient de distinguer « les auditeurs libres, qui consultent le cours sans rendre de devoirs ni interagir sur les forums, les participants qui rendent les devoirs à temps, les participants qui rendent les devoirs en retard, et ceux qui ne se sont pas connectés ». Le faible taux de certification rentre donc dans une logique plus complexe qu’un simple absentéisme.

Par ailleurs, les MOOCs n’offrent pas de véritables diplômes, mais des certificats d’obtention. Et bien que certains MOOCs soient en passe de devenir diplômants, la question de la valorisation des compétences acquises demeure pour les candidats comme pour les recruteurs. Si nombre de professionnels accordent un certain intérêt à ce type de formation, la reconnaissance des MOOCs sur le marché du travail n’est pas celle d’un diplôme universitaire ou d’une expérience en entreprise.

Du point de vue des universités, ces plateformes constituent de véritables vitrines, leur permettant de recruter des étudiants du monde entier et ainsi de se construire une image à l’international. Une opportunité, donc, tant pour les établissements diffuseurs que pour les élèves-utilisateurs.

D’autant que l’offre de formations proposées est considérable et touche aujourd’hui tous les domaines : droit, architecture, mathématiques, médecine, mécanique ou encore langues étrangères. Avec, en plus de cette diversité de domaines, un large panel de niveaux proposés, qui permet à l’expert comme au novice de s’enrichir de nouveaux savoirs.

Les plateformes de MOOCs

Deux plateformes américaines dominent largement le paysage mondial du MOOC : Coursera, fondée par une enseignante de Stanford, et eDx, consortium duquel fait parti l’université d’Harvard ainsi que le MIT. Ces deux plateformes offrent un choix conséquent de cours, et ce dans plusieurs langues, bien que l’anglais y soit majoritaire.

En France, l’Etat a créé en 2013 une plateforme, regroupant un grand nombre d’universités de l’hexagone : FUN, ou France Université Numérique. Dotée d’un budget de huit millions d’euros, cette plateforme réunissait, en janvier 2016, plus de 550 000 utilisateurs répartis sur l’ensemble du globe.

Pour aller plus loin :

- Le blog de Matthieu Cisel, la révolution MOOC,

- La plateforme FUN,

eDx

Coursera

- Publié le : 29 avril 2016 - Partager cet article : Logo Facebook Logo Twitter