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La bibliothèque, ce lieu qui se réinvente avec le numérique

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illustration de l'actualité : BPI crédit photo Vinciane Verguethen

Consulter ou emprunter des livres ou documents a longtemps été la raison principale qui poussait le public à franchir la porte d’une bibliothèque. Toujours au service du même but, favoriser la circulation des connaissances, des savoirs et des savoir-faire, le numérique a permis de réinventer le rôle de ce lieu dans le quotidien des citoyens. Assez largement et assez logiquement, l’offre proposée s’est ainsi étoffée avec le développement des services de médiation numérique.

Interview avec Silvère Mercier, bibliothécaire “médiation et innovations numériques” à la bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou et auteur du blog Bibliobsession.  

Quel est l’impact du numérique sur le fonctionnement d’une bibliothèque ?

On note une baisse des inscriptions dans les bibliothèques, mais un maintien du nombre de personnes qui les fréquentent sans s’inscrire. C’est lié aux nombreuses demandes d’accompagnement dans les usages du numérique, comme envoyer un mail ou utiliser internet, bien que l’accompagnement lié à l’éducation nationale soit toujours aussi présent. C’est donc l’usage qui a changé : il y a moins d’emprunts de livres ou documents mais l’accent est mis plus de vie culturelle, sociale et de quartier.

Alors aujourd’hui, pour quoi aller dans une bibliothèque ?


Venir à la bibliothèque, c’est avoir envie de développer ses connaissances quelque soit son bagage culturel ou social de départ. Mais à l’heure actuelle, cela ne se résume pas seulement à l’accès aux livres : on y trouve aussi une ambiance favorable à la découverte, et des services d’accompagnement aux apprentissages (numériques). D’un côté il y a des communautés qui se retrouvent dans ce lieu pour se rencontrer et échanger sur des intérêts communs, comme les clubs de lecture. De l’autre, l’organisation d’activités et de formations sur les usages du numérique permet une montée en compétences des citoyens, comme réparer son PC ou apprendre à contribuer sur Wikipédia. Les enfants ont aussi leur place dans les bibliothèques, avec de plus en plus d’ateliers pédagogiques pour qu’ils apprennent de manière ludique : heure du conte numérique, jeux vidéo, etc. Finalement, le rôle d’une bibliothèque c’est de faciliter les échanges et le développement des savoirs et des savoir-faire. Les bibliothèques ont donc toute leur place dans les politiques publiques de médiation numérique aux côtés des tiers lieux que sont les espaces de co-working ou encore les Fablabs!


Le métier de bibliothécaire a-t-il lui aussi évolué ?


Oui. Le rôle d’un bibliothécaire consistait à constituer des collections afin de permettre l’accès à ces informations aux citoyens. Aujourd’hui, cette fonction passe au second plan et on se concentre plus sur le développement des activités de médiation dans lesquelles le numérique a naturellement pris une place majeure. Cela peut être des interfaces en ligne (blogs thématiques, réseaux sociaux littéraires, blogs thématiques, services de questions-réponses comme Eurêkoi…), sur place (QR code destiné à renvoyer sur un site pour connaître l’avis des lecteurs, bornes interactives…). La constante, c’est ce rôle de médiateur : nous accompagnons les usagers dans leurs choix et nous facilitons les apprentissages.


La Bibliothèque publique d’information est à l’initiative du service Eurêkoi. En quoi consiste ce service en ligne ?

Eurêkoi est une service en ligne qui permet d’être guidé dans l’océan du web et de l’information par près de 180 bibliothécaires de toute la France et de la Belgique francophone. Le principe est simple, la personne pose une question, soit via le formulaire du site internet, soit sur le groupe Facebook dédié, soit par l’application mobile, soit sur les sites des bibliothèques partenaires. En moins de 72h, les bibliothécaires répondent à cette question gratuitement. Les questions sont très ouvertes et concernent des thématiques très larges. Seules exceptions, les diagnostics médicaux et les questions juridiques pour lesquelles Eurêkoi ne répond pas. Les questions et réponses sont ensuite publiées anonymement sur le site afin que cela puisse bénéficier à d’autres personnes. On note que le taux de satisfaction est de 96%. 12,5% des personnes qui obtiennent une réponse sont des personnes qui ne fréquentent pas de bibliothèques et une réponse sert en moyenne à 22 personnes… Eurêkoi remplit donc bien son rôle de médiateur : faciliter l’accès à la bonne information.

 

Pour aller plus loin :


- La médiation numérique en bibliothèque pour les nuls


- Quelques chiffres sur Eurêkoi

- Publié le : 05 mai 2016 - Partager cet article : Logo Facebook Logo Twitter