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A Amiens, La Machinerie fabrique du lien, des objets et du sens

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Ouverte en septembre 2014 à Amiens, La Machinerie est l’un de ces tiers-lieux dont on entend parler quand il est question de FabLab, de coworking, ou des deux en même temps.  La partie visible de La Machinerie, c’est un atelier de fabrication numérique, un espace de coworking et une Co-boutique. La partie invisible, c’est Yann Paulmier, chef de projet incubation, qui en parle pour le Portail national de la médiation numérique.

Qu’est-ce qu’un lieu comme La Machinerie peut apporter aux habitants d’Amiens ?

Pour le grand public, La Machinerie est un lieu où l’on peut découvrir et même pratiquer les outils et méthodes d’un atelier de fabrication numérique : imprimante 3D, scanner 3D, fraiseuse numérique, découpe laser… Nous proposons 16 heures d’ouverture par semaine de notre FabLab. Le public est composé à 40% de novices et à 60% d’utilisateurs réguliers. Ils viennent pour des projets personnels ou pour contribuer à ceux de l’atelier. Notre robot InMoov est le fruit de ces multiples collaborations.

Toujours dans le domaine de la médiation numérique, notre projet “Make it Fab” est axé sur l’accompagnement numérique à destination des jeunes éloignés de l’emploi (Le FabLab de la Machinerie fait partie du projet « FabLab Solidaire » porté par la fondation Orange. Pour en savoir plus, cliquez ici). Nous proposons 5 séances de 3 heures en petits groupes pour découvrir le FabLab et ses outils. Tous les jeunes fabriquent un objet sur place : un bijou, une boîte, un support pour smartphone…

Voilà pour l’aspect découverte et médiation numérique, mais La Machinerie est aussi un écosystème au service des acteurs économiques, n’est-ce pas ?

Bien sûr, l’activité FabLab est orientée vers la démocratisation de l’usage des outils de fabrication numérique. C’est très ancré dans notre ADN, mais nous avons aussi des plages horaires lors desquelles l’atelier est réservé aux acteurs privés au sens large.

Par ailleurs, notre espace de coworking est plein et vit bien avec une vraie communauté et des synergies qui parfois nous surprennent. Quant à, la Co-boutique, elle permet aux utilisateurs de l’atelier de tester des produits grâce aux retours du public avant de pousser plus loin leur projet.

Au-delà des trois outils que sont l’atelier, le coworking et la boutique, nous avons développé une approche transversale avec un principe d’incubation : il s’agit de proposer à nos utilisateurs une offre globale entre nos différents outils et services.

Avez-vous des exemples d’entreprises qui utilisent régulièrement vos outils ?

L’entreprise Etoele que nous hébergeons propose des prestations de prototypage et de R&D (recherche et développement) externalisés pour des TPE et des PME. C’est un bureau d’étude déporté, installé dans l’espace de coworking, qui utilise les outils de l’atelier. Il leur est arrivé également de vendre directement des produits dans la Co-boutique. 

Autre projet, une créatrice conçoit des objets de décoration intérieure sous la marque MilieO. Elle a notamment dessiné puis fabriqué un lettrage avec un logiciel numérique et une découpe laser. Elle nous a rencontré juste après avoir lancé son activité car elle a vu un article sur notre FabLab. Depuis elle s’est formée sur nos outils et les utilise pour son activité.

Vous pourrez bientôt fêter les deux ans de La Machinerie, quel bilan tirez vous de cette expérience et quels sont les projets futurs ?

L’association est née le 7 avril 2014 et nous avons ouvert en septembre 2014. Nous constatons une croissance importante du nombre d’utilisateurs, du nombre de projets ; il y a une vraie dynamique. Donc le pari initial de s’appuyer sur un collectif pour faire émerger des projets est plutôt réussi. Notre projet repose sur plusieurs fondamentaux : répondre à un besoin du territoire, fonctionner avec une gouvernance démocratique et une implication des bénéficiaires. Ce bilan nous amène à envisager un développement. Début 2017, nous déménageons dans un bâtiment plus grand, 800 m2 au lieu des 300 actuels, et nous nous rapprochons de la gare, ce qui est intéressant pour un espace de coworking. De nouvelles activités vont voir le jour, notamment en matière de médiation numérique en direction des seniors au sein d’une Old’s cool dès septembre prochain. Nous allons également proposer un lieu dédié à la création artistique numérique. Ce développement important impliquera naturellement la création d’emplois.

Pour vous, que signifie le succès d’un lieu comme celui-ci, qu’est-ce que cela dit de notre société ?

Pour toute une partie de la population, il y a une volonté de reprendre le pouvoir, sur la société, sur sa vie. Trop de choses nous échappent, à commencer par ce que nous consommons. La position passive du consommateur ne satisfait plus. Face à la standardisation des objets conçus sur une logique de plus petit dénominateur commun et face à l’obsolescence programmée, une partie de la population se dit « réapproprions nous les outils pour êtres acteurs ». Modestement, nous sommes une partie de la réponse. Je me souviens d’un utilisateur qui est venu fabriquer un bouton neuf pour sa cafetière. Tout le système fonctionnait mais il aurait été obligé d’acheter une cafetière neuve sans le FabLab.  

Au delà de cette anecdote, nous avons le sentiment de construire quelque chose qui a de la valeur, et de participer à une évolution profonde qui est en marche. Nous ne savons pas exactement ce qui est en train de se tramer ni où cela va nous mener mais nous pensons que cela va dans le bon sens.

Pour aller plus loin

Le site de La Machinerie

- Publié le : 01 juillet 2016 - Partager cet article : Logo Facebook Logo Twitter